Barèmes sport pilote militaire
Trois épreuves, notées sur 20, qui pèsent réellement dans le classement EOPN et ALAT : Luc-Léger, tractions (ou tirage poulie), et le « Killy ». Un ordre qui n'a rien d'un hasard, et un physique qui ne s'improvise pas.
Qu'est-ce que l'épreuve de sport ?
L'évaluation physique se déroule au CSO (centre de sélection) et comporte trois tests, chacun noté sur 20 avec des barèmes spécifiques homme / femme : l'endurance cardio-respiratoire (le Luc Léger), la force du haut du corps (tractions pour les hommes, tirage à la poulie pour les femmes) et la force des membres inférieurs (le « Killy », le maintien de la position chaise).
S'y ajoute une attestation de natation (généralement 100 m nage libre suivis d'une courte apnée), à faire valider par un maître-nageur et à fournir au moment du dépôt de candidature — pas le jour des tests.
La note de sport compte dans le classement, et toute note inférieure à 1/20 à une épreuve est éliminatoire. La bonne nouvelle : tout cela se prépare avec méthode. Mais — et c'est l'essentiel — il faut s'y prendre tôt. Le physique ne se bricole pas à la dernière minute.
Les épreuves en détail
Trois tests le jour J, plus une attestation à anticiper. Voici ce qui vous attend.
Le Luc Léger
Une course navette en allers-retours sur 20 m, au rythme de signaux sonores qui accélèrent par paliers. On court jusqu'à ne plus pouvoir suivre la cadence. C'est le test reine de l'endurance : il mesure votre VO₂max.
Tractions / tirage poulie
Pour les hommes, un maximum de tractions à la barre (validées bras tendus en position basse). Pour les femmes, un tirage à la poulie haute. La note correspond au nombre de répétitions correctes.
Le « Killy » (la chaise)
Maintenir la position « chaise » (dos au mur, cuisses à l'horizontale) le plus longtemps possible. Un test de résistance des quadriceps, récemment généralisé en remplacement des squats.
L'attestation de natation
À réaliser en amont, en piscine, et à faire signer par un maître-nageur (BEESAN) : départ plongé, 100 m nage libre puis une apnée. À joindre au dossier de candidature.
Une approche différente à la Marine
Précision importante : contrairement à l'EOPN et à l'ALAT, l'EOPAN n'a pas de batterie sportive notée au centre de sélection. L'évaluation physique s'y fait surtout via l'aptitude médicale au CEMPN (Toulon), pas via un Luc-Léger/tractions/Killy chronométré et classé sur 20.
Cela ne dispense pas de préparation : le sport est pratiqué quotidiennement à l'École de pilotage, la voltige sur CAP 10 impose facteur de charge et lucidité, et une excellente condition (endurance, force, gainage, aisance aquatique) reste un vrai atout pour aborder la formation dans les meilleures conditions.
Estimez votre VO₂max au Luc Léger
Entrez le palier que vous tenez aujourd'hui et votre âge : l'outil estime votre VO₂max (consommation maximale d'oxygène) et situe votre niveau d'endurance. De quoi mesurer vos progrès au fil de la préparation.
Comment préparer le physique
Trois qualités à construire en parallèle, sur la durée. Voici comment structurer votre préparation.
Travailler le Luc Léger
- Fractionné : 30/30, 30/15, ou navettes 20 m pour coller au geste réel.
- Sorties longues : 30 à 45 min en endurance fondamentale.
- Spécifique : refaire des Luc Léger complets pour situer ses paliers.
- Régularité : l'endurance se construit semaine après semaine.
Gagner des tractions
- Tractions négatives : descendre lentement pour progresser de zéro.
- Élastiques pour assister le mouvement au début.
- Tirages (dos, biceps) en complément.
- Technique : débattement complet, sans à-coups de bassin.
Tenir la chaise
- Chaise isométrique : tenues progressives contre un mur.
- Squats et fentes pour la force des quadriceps.
- Gainage général pour la posture et la résistance.
- Progressivité : allonger les tenues semaine après semaine.
Réussir le jour J
La préparation se joue sur des mois ; le jour J, c'est la gestion qui fait la différence.
Partez progressif au Luc Léger
L'erreur fatale : partir trop vite. Les premiers paliers sont lents — calez-vous pile sur le bip, économisez-vous, et gardez des réserves pour les paliers qui comptent.
Anticipez, ne bachotez pas
On ne passe pas de 5 à 12 tractions en trois semaines. Le physique est incompressible : commencez tôt, idéalement six mois avant, et progressez par petites marches régulières.
Soignez la validation des tractions
Bras complètement tendus en bas, menton au-dessus de la barre en haut, sans balancier. Une traction mal exécutée ne compte pas : mieux vaut huit propres que douze litigieuses.
Reposez-vous avant l'épreuve
Pas d'entraînement intensif dans les 48 h qui précèdent. On arrive frais : la performance se révèle, elle ne se gagne pas la veille.
Échauffez-vous sérieusement
Dix à quinze minutes pour réveiller le cœur et les muscles, et prévenir la blessure. Un corps froid sous-performe et se blesse — surtout sur un effort maximal.
Gérez respiration et mental
Respiration régulière au Luc Léger, mental d'acier sur la chaise et les tractions : la douleur arrive, on l'accepte et on tient un palier de plus. La tête fait la dernière répétition.
Allez jusqu'au bout
S'arrêter dès qu'on « a la moyenne » est mal vu : les évaluateurs jugent aussi la combativité. Le sport est noté, mais il est aussi observé — on donne tout, jusqu'à l'épuisement réel.
« Le sport, c'est l'épreuve la plus juste : elle récompense exactement le travail fourni, sans surprise. Personne n'est éliminé pour son physique s'il s'y est pris à temps. Mon seul conseil, mais il est capital : commencez tôt, soyez régulier, et le jour J ne sera qu'une formalité. »
— Julien, pilote & fondateur de ConnectFly
Les pièges classiques
Vos questions sur le sport
Non, mais il faut une condition physique solide et régulière. Les tests visent un bon niveau d'endurance et de force, accessibles à qui s'entraîne sérieusement sur plusieurs mois. C'est l'assiduité, plus que le talent, qui fait la note.
Visez au minimum six mois, à raison de trois séances par semaine, en adaptant selon votre niveau de départ. L'endurance et la force se construisent lentement : commencer tôt est le facteur de réussite n°1 de cette épreuve.
Non. Les barèmes (homme/femme, note /20) sont fixés officiellement et peuvent évoluer, tout comme la liste exacte des tests (le « Killy » a par exemple remplacé d'autres épreuves récemment). Vérifiez toujours la source officielle, devenir-aviateur.gouv.fr, avant vos sélections.
En amont du dépôt de candidature : elle doit figurer dans votre dossier. Réalisez-la en piscine avec un maître-nageur habilité, sans attendre le dernier moment — son absence peut bloquer toute la candidature.
Avec des tractions négatives (descente lente), des élastiques d'assistance, et un travail de tirage en complément, plusieurs fois par semaine. La technique compte autant que la force : un mouvement complet et propre, sans balancier.
Non, pas sous cette forme. L'EOPAN évalue l'aptitude physique surtout via le CEMPN (médical), et non via un Luc-Léger/tractions/Killy noté sur 20 comme à l'EOPN et à l'ALAT. Une bonne condition physique reste néanmoins un vrai atout pour la formation.
Le Killy est encore un test récent (introduit en février 2025) et des retours de candidats font état de seuils différents selon les centres et les sessions. Ne vous fiez qu'au chiffre communiqué par votre CIRFA ou au livret officiel « Réussir ses tests de sélection » pour votre session précise.
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Chaque épreuve a sa page, sa méthode et son entraînement. Préparez-les une par une.
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Endurance, force, planification, gestion du jour J : la préparation ConnectFly vous aide à structurer des mois d'entraînement pour aborder les tests en confiance.